Mégaphonie (2003)

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Le propos

Voulez-vous que je vous dise ?

Affiche MégaphonieLe « Poulpe » n’est pas ici un gentil octopode marin ou un sympathique détective ; il est le terrible pouvoir occulte qui étreint une société programmée, codifiée à l’extrême où fonctionnent des « particuliers inscrits au Codex Poulpulaire » sous les matricules Méga 1 et Méga 2. Dans cet univers étanche où règne « une impression hermétique de sécurité », Méga 1 et Méga 2 s’observent, s’espionnent, se piègent, se jaugent et se jugent sous le regard omniprésent du Poulpe dont le souffle ponctue le temps.
Sous l’épaisse couche des strates du conditionnement au dogme, l’humanité point, timide braise avivée par l’évocation terriblement subversive d’un passé où l’homme goûtait encore le luxe de la contemplation immobile de la nature.
Mais l’accomplissement de l’œuvre du pouvoir est inéluctable : après avoir gagné la « gouerre » à la « pollution des idées », les « savants mathématismaques » du Poulpe renvoient aux archives Dieu, la Création, la Poésie et l’Amour ; ils fabriquent la Pensée pour que vive un monde « meilleur que le meilleur des mondes ».
Chacun l’aura compris, ce texte écrit par Louis Calaferte en 1963 est une œuvre prophétique au même titre que « Fahrenheit 451 » de Bradbury ou « 1984 » de Orwell. Il est un cri d’alarme qui ravive notre instinct de vigilance, anime notre volonté de défendre la liberté.
Ici, il s’agit de théâtre et pour servir ce propos grave, Louis Calaferte nous propose une écriture inventive, musicale, jubilatoire. Symphonie, polyphonie… mégaphonie, cette pièce est bien tout cela à la fois tant les propos de Méga 1 et Méga 2 se conjuguent, se murmurent ou se clament en un rythme ciselé, précis. Les mots coulent, cascadent, s’envolent, claquent, étendards, coups de fouets, ailes d’oiseaux aussi. L’absurde et le rire (jaune !) s’installent devant l’absurde comme un souffle de l’esprit de l’auteur qui nous met en éveil, nous irrigue.
Les didascalies, nombreuses et précises, de Louis Calaferte nous ont éclairé sur les intentions scéniques de l’auteur. La scénographie propose l’univers clos, lisse, sans une brèche de « l’usine de ventilation », jeu de matière et de lumières où se conjuguent brillances, contre-jours.
Au centre se dresse l’estrade-chaire-pupitre-podium où se prononce, se juge et se vend la société du Poulpe. Le pouvoir omnipotent est là, d’autant plus inquiétant qu’il est impalpable, simplement suggéré sporadiquement par le souffle étrange d’une machine invisible.
Moderne symphonie de notes, bruits, souffles, la musique de « Mégaphonie » installe l’univers industriel et fantastique où évoluent Méga 1 et Méga 2.
Le son insolite des harpes éoliennes donne à cette composition un climat à la fois poétique et inquiétant qui est bien la couleur profonde du spectacle.

L’auteur

Louis Calaferte

Né le 14 juillet 1928 à Turin, en Italie, Louis Calaferte émigre avec sa famille, dans la banlieue lyonnaise, au début des années 1930. Il y vivra une enfance marquée parLouis Calaferte la pauvreté et la xénophobie. La guerre puis la découverte de l’esclavage salarié en usine à l’âge de treize ans le marqueront à jamais. “Requiem des innocents” (1952), son premier livre, et “C’est la guerre” (1993), publié quelques mois avant sa disparition le 1er mai 1994, portent témoignage de ces années noires.

« L’homme est une saloperie ! » ; Louis Calaferte ne reviendra jamais sur ce jugement. La connaissance, alors même qu’il est encore au fond du gouffre, lui apparaît comme la seule issue de secours possible. Les six volumes qui composent ses carnets intimes – “Le Chemin de Sion”(1980), “L’Or et le plomb”(1981), “Lignes intérieures”(1985), “Le Spectateur immobile”(1990), “Le Miroir de Janus”(1993), “Rapports”(1996) – attestent de cette quête obstinée du savoir qui ira de pair, bientôt, avec une recherche spirituelle. Louis Calaferte n’aura de cesse de célébrer l’individu pour mieux condamner la « massification », ce mal qui, selon lui, ronge les sociétés occidentales.

C’est dans “Droit de cité”(1992), un pamphlet écrit au vitriol, qu’il exprimera le mieux et plus clairement une pensée politique qui lui vaudra le qualificatif discutable « d’anarchiste chrétien ». Ni compromis ni compromission. Telle sera, en fait, la ligne de conduite de cet écrivain intraitable qui refusera de composer avec le système éditorial et de devenir, comme tant d’autres, un “écrivant”. “Septentrion”, récit violent et dénonciateur, marquera sa rupture avec les convenances sociales et littéraires. Interdit à la vente lors de sa première publication en 1963, “Septentrion” sera réédité en 1984 et deviendra un livre-culte. Cette interdiction, loin de le décourager, a conforté Louis Calaferte dans sa volonté de ne jamais faire la moindre concession à l’air du temps. De même, afin de mieux souligner sa distance avec le roman, s’attachera-t-il dans “L’Incarnation”(1987) et “La Mécanique des femmes”(1992) à proscrire le descriptif et à lui substituer une narration fragmentée.

Son théâtre, ironiste et cruel à la fois, obéit à la même volonté de briser les formes (”Mégaphonie”(1963), ”Chez les Titch” (1971), “Les Derniers Devoirs” (1981)).

Dix-huit récits, seize recueils de poésie, deux essais, trois tomes d’œuvres théâtrales, un livre d’entretiens avec Patrick Amine (”Une vie, une déflagration” 1985), six volumes de carnets intimes parus… Telle est la bibliographie provisoire de ce forcené de l’écriture qui, assiégé depuis 1988 par la maladie qui devait l’emporter, n’aura cessé d’écrire et de peindre jusqu’à son dernier souffle.

Louis Calaferte se moquait du succès et de la postérité. L’écrivain n’a de comptes à rendre qu’à sa conscience, estimait-il. Aussi avait-il accueilli avec scepticisme et humour, en 1992, le grand prix national des lettres attribué à l’ensemble de son œuvre. Il n’était pas insensible, en revanche, à l’amitié que lui témoignaient les jeunes et fervents lecteurs qui se reconnaissaient dans les pages de feu et de lumière que dispensent ses livres.

La distribution

Méga 1 : Yves Guillerault

Méga 2 : Félix Chabaud

Mise en scène, sons bizarres : Yves Guillerault

Scénographie, conception lumière : Félix Chabaud

Musique originale : Alexis Dendiével

Lutherie & harpes harmoniques : Éric Gervais

Mixage : Yves Bouvard / Studio in@mobile 2003

Régie son : Dominique Hirt

Régie lumière : Jean-Marie Hirt

et la consciencieuse participation vocale de Camille Galéa

Les représentations
1. Samedi 22 mars 2003 à Ensuès-la-Redonne (13) avant-première dans le cadre du festival « Scènes de Villages » 
2. Dimanche 30 mars 2003 à Fayence (83) – Filage promotionnel
3. Vendredi 4 avril 2003 à Fayence (83) – Générale
4. Samedi 5 avril 2003 à à Fayence (83) – Première
5. Samedi 3 mai 2003 à Nice (06) – dans le cadre des présélections régionales « FESTHEA »
6. Samedi 24 mai 2003 à Seillans (83) – spectacle donné au profit d’Amnesty International
7. Dimanche 25 mai 2003 à Mornant (69) dans le cadre du XVIII° Festival National de Théâtre Amateur « Les Allumés du Théâtre »
8. Samedi 31 mai 2003 à Lizio (56) dans le cadre du « XX° Festival de Théâtre »
9. Samedi 20 septembre 2003 à La Valette-du-Var (83) dans le cadre du « XII° Festival de Théâtre Amateur »
10. Samedi 25 octobre 2003 à Montauroux (83)
11. Vendredi 31 octobre 2003 à Joué-les-Tours (37), dans le cadre de la Finale Nationale Festhéa
12. Samedi 8 novembre 2003 à Puget-sur-Argens (83) dans le cadre du XII° Festival de Théâtre
13. Samedi 22 novembre 2003 à Cannes-la-Bocca (06) (Représentation annulée, faute de public)
14. Samedi 10 janvier 2004 à 20h30 : La Colle-sur-Loup (06)
15. Samedi 31 janvier 2004 à 21h00 : Vence (06)
16. Samedi 7 février 2004 à 20h30 : St Mandrier (83)
17. Mercredi 18 février 2004 à 20h30 : Marseille (13) – (Théâtre Off) dans le cadre des VI° Rencontres de Théâtre Amateur
18. Samedi 13 mars 2004 à 20h30 : Veynes (05)
19. Mercredi 17 mars 2004 à 21h00 : La Garde (83) Théâtre du Rocher, dans le cadre des « Soirées du Théâtre en Garde »
20. Samedi 3 avril 2004 à 21h00 : Bras-d’Asse (04) dans le cadre des XI° Rencontres Théâtrales
21. Jeudi 20 mai 2004 à 21h00 à Gap (05), dans le cadre du Festival Gaby Laboucarie
22. Samedi 22 mai 2004 à 21h30 : Salle Henri Rolland, St.Rémy-de-Provence (13) dans le cadre de « Courants d’Arts », 2ème Université Rurale Nationale des Pratiques Culturelles Amateurs
23. Vendredi 10 décembre 2004 à 20h30 : Fayence (83) – Répétition publique
24 à 39. Du samedi 8 au samedi 29 janvier 2005 à 19h00 : Paris (75) – Programmation du Théâtre Darius Milhaud (XIX°)
40. Samedi 7 mai 2005 à 15h30 ; Levens (06) dans le cadre du X° Festival de théâtre
41. Samedi 23 mars 2007 à 21h00 ; Fayence (83) dans le cadre des II° Rencontres Théâtrales
42 à 51. Du mardi 17 au mercredi 25 juillet 2007 ; Festival d’Avignon (Off)
52, 53 & 54. Du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre 2007 : Théâtre de Poche de Fréjus (83) dans le cadre de la programmation

Ces représentations de « Mégaphonie » totalisent un public d’environ 2600 personnes.

Les photos
La presse
Lettre de Madame Guillemette Calaferte, veuve de l’auteur, à l’issue de sa présence à l’une de nos représentations parisiennes de « Mégaphonie » en janvier 2005
Seconde lettre de Madame Guillemette Calaferte, en réponse à notre invitation à l’une de nos représentations de « Mégaphonie » lors du Festival d’Avignon en juillet 2007

Dernière mise à jour effectuée sur cette page : 2018-05-28 à 19:13:16